Tatouage maori en France

Le tatouage maori, ou Moko, fait parler de lui en France, et on entend un peu de tout. Selon l’année et la région, il peut être à la mode ou absolument ringard. Il peut être vu comme une marque de respect envers les peuples polynésiens, ou une appropriation culturelle honteuse.

Il est difficile de trouver de bonnes informations au sujet des tatouages maoris, et le plus souvent ce sont plutôt des opinions qui sont partagées un peu partout. Ici il n’est pas question de décider de donner notre avis, et encore moins de l’asséner comme une vérité absolue, mais bien de partager quelques informations sur le style maori, ses origines, et ses motifs.

Le tatouage maori, c’est quoi ?

Le tattoo maori est un tatouage tribal, c’est-à-dire qui trouve ses origines dans une culture ancienne. Les tattoos tribaux sont souvent d’origine aztèque, maya, indienne, celte, polynésienne… et s’inspirent de symboles propres à ces civilisations. Les tatouages tribaux actuels n’ont pas nécessairement un sens profond ni une symbolique généralement acceptée. Parmi les tribaux, les tatouages polynésiens sont les plus courants, les plus anciens, et ceux dont l’histoire est la plus riche. Il est bon de savoir que le mot polynésien tau-tau, est à l’origine des termes tatouages et tattoo. Les tatouages polynésiens existent en différents styles : marquisiens, samoan, hawaïen… et bien évidemment maori ! Cependant, il est aujourd’hui très fréquent que le terme « tatouage maori » décrive l’ensemble des tatouages polynésiens. La légende du tatouage polynésien Il y a fort longtemps, Mata Mata Arahu et son frère Tu Rai Po, les deux fils du dieu Taaroa, tombèrent amoureux de Hina Ere Ere Manua, la fille de Too, le premier homme, Tii.

Déjà à l’époque, un père voyait d’un mauvais œil le fait que deux garçons s’intéressent à sa fille, et la pauvre Pahio était tenue en captivité. Afin de la conquérir, Mata Mata Arahu et Tu Rai Po décidèrent de lui offrir les plus beaux cadeaux possible : perles noires, nacre blanc, mets délicieux… Rien ne fonctionna, la belle obéissait à ses parents et restait close dans son domaine.

À court d’idées, les deux frères se tournèrent vers le dieu Tohu, qui les initia aux secrets de la beauté et leur fournit les outils d’os et de bois, ainsi que l’encre bleutée, nécessaires à la création du premier tatouage. Ils se tatouèrent alors sur le corps un motif appelé Tao Maro Mata et allèrent danser pour Hina Ere Ere Manua.

Celle-ci fut séduite par les deux garçons tatoués et s’enfuit avec eux, malgré l’interdiction de ses parents, et se fit elle aussi tatouer. Depuis, les hommes se tatouent pour attirer la bienveillance des dieux et séduire leurs semblables, et Mata Mata Arahu et Tu Rai Po sont considérés comme les dieux du tatouage.

La culture du tatouage maori

Avant d’orner les biceps des rugbymen néo-zélandais, le tatouage maori était un symbole spirituel et une marque d’appartenance sociale parmi le peuple maori. Il ornait le visage des guerriers, et le menton des femmes. Comme tous les tatouages polynésiens, il a à l’origine une signification forte et précise. Chaque symbole, chaque motif, chaque ligne transmet quelque chose et raconte une histoire.

Il faut toutefois reconnaître que cette culture s’est perdue et qu’aujourd’hui la vaste majorité des tatouages maoris ou polynésiens ont perdu leur signification profonde.

Le tatouage maori en France à l’heure actuelle

Le tatouage polynésien se porte bien en France. De nombreux artistes tatoueurs de talent s’y adonnent, et c’est un style qui a conquis un large public. Les incessantes discussions à son sujet démontrent bien son importance dans le paysage artistique et culturel français.

Le tatouage maori est d’un côté réservé aux initiés, à ceux qui connaissent la culture polynésienne et souhaitent imprimer sur leur peau une histoire ou un événement. Pour eux, chaque symbole est significatif et transmet un message, comme à l’origine du tattoo maori.

Mais la vaste majorité choisit de se faire un tatouage maori pour des motifs bien plus superficiels : « Je trouve ça joli » ; « Je suis fan des All Blacks » ; « Ça me fait un souvenir de mes vacances à Fiji » ; « Le style maori, ça déchire »…

Plutôt que débattre sur le bien-fondé de cette démarche pendant des heures, voici les mots d’un artiste maori : « Je ne vois pas la mode des tatouages maoris comme un manque de respect pour nos ancêtres, au contraire. C’est une manière d’exposer notre culture au monde entier et de montrer la richesse de nos traditions ».

Maintenant que vous savez-tout ce qu’il y a à savoir sur les styles polynésiens et maoris, c’est à vous de décider si vous allez céder à la tentation !

📷 Ioane Eric - London Tattoo Convention - © Ambre Heitzmann